top of page

La panthère noire

  • Photo du rédacteur: Adeline Techer
    Adeline Techer
  • 28 juin
  • 3 min de lecture

Celle qui règne dans la profondeur


On croit connaître la panthère. Le grand fauve, la beauté sombre qui fascine. Mais qui plonge dans son regard comprend qu’elle porte bien davantage : un mystère ancien, une présence qui impose le respect dans le plus grand calme.


Née de la nuit


La panthère noire n’est pas une espèce à part : c’est un léopard, un jaguar, dont le pelage s’est fait nuit. Une variation rare, presque magique, où le noir devient une matière à lui seul. Et c’est là toute sa magie : sous ce manteau d’encre, ses taches existent encore, secrètes, révélées seulement quand la lumière les effleure. Rien chez elle ne se donne au premier regard. Tout se mérite, tout se devine, comme si l’essentiel demeurait quelque part dans les profondeurs du noir.


C’est pour cela que tant de traditions ont vu en elle la gardienne de l’invisible — celle qui voit clair là où les autres ne distinguent que l’obscurité, celle qui se meut dans la nuit comme dans son royaume.


Une présence souveraine


Et elle est souveraine. D’une beauté qui force le silence : le corps souple et dense, la démarche feutrée, ce port altier où chaque geste se devine avant de se voir. Quand une panthère avance, le monde retient son souffle.


Quelque chose vit en elle, paisible et prête. Elle observe longuement, patiente sans fin, puis s’élance au moment juste — celui qu’elle seule a su attendre. Tout se passe en silence, et c’est ce silence qui impressionne, plus encore que la puissance elle-même. Voilà ce qui me fascine : la même créature porte la puissance et le calme, et chacune rend l’autre plus belle.


Ce qu’elle éveille


C’est pour cela qu’elle m’appelle. Parce qu’elle réunit ce que l’on croit séparé : la puissance et le calme, la lumière et l’ombre, la présence et le silence.


Il y a en elle une vérité que chacun reconnaît au fond de soi. Cette part d’ombre que l’on apprend à apprivoiser plutôt qu’à fuir. Cette intuition qui perçoit ce que les yeux ignorent. Cette faculté de traverser ses propres nuits — les épreuves, les peurs, les renaissances — et d’en remonter transformé. La panthère parle à ceux qui avancent en silence, et qui devinent, au creux d’eux-mêmes, tout ce que la profondeur peut receler. Aux âmes sensibles, intuitives, créatives, qui se tournent vers le dedans plutôt que vers le regard des autres.


Pourquoi je la dessine


Quand je trace une panthère sur le noir, je cherche tout ce qu’elle porte : la grâce de celle qui voit dans l’ombre, la noblesse de celle qui avance en paix avec elle-même, ce calme habité qui fascine. Le noir, ici, n’est pas un fond — il est sa demeure. C’est de ses profondeurs que je fais monter la lumière, trait après trait, jusqu’à ce que son regard rencontre le vôtre.


Les animaux que je dessine portent toujours plus qu’eux-mêmes. La panthère noire est l’une des plus mystérieuses : une gardienne venue du fond des âges, qui rappelle que les plus belles clartés se révèlent à ceux qui osent regarder dans la profondeur — et qu’il faut parfois apprivoiser sa nuit pour découvrir ce qu’elle abrite.


Voilà la panthère noire. Celle qui se livre peu, et qui, à ceux qui osent la profondeur, laisse entrevoir que l’ombre peut devenir le plus beau des royaumes.


Maison Texera — l’alchimie de l’ombre et de la lumière.

Commentaires


bottom of page